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Programme d'études
Effets visuels et animation 2D-3D

Campagne de financement étudiante: 5 conseils pour réussir votre projet

Lancer une campagne de financement lorsqu’on est aux études peut sembler ambitieux. Pourtant, de plus en plus d’étudiant·es choisissent le financement participatif pour concrétiser leurs projets créatifs.

C’est notamment le pari qu’ont fait 15 étudiant·es du baccalauréat en création 3D pour le cinéma de l’École NAD-UQAC. Leur objectif : récolter 4 200$ pour produire un court-métrage d’animation à la hauteur de leurs ambitions.

Nous avons interrogé Hichem Mickeal Gervais, chef d’équipe du court-métrage intitulé Echoes, afin de connaître sa démarche dans la création d’une campagne de financement étudiante.

À travers l’expérience d’Hichem et de son l’équipe, voici 5 conseils pour tout étudiant·e qui envisage de lancer sa propre campagne dans le cadre d’un projet scolaire.

Conseil #1 : Commencer par une analyse des projets antérieurs

Avant même de penser à la plateforme de financement, Hichem recommande d’étudier les budgets des cohortes précédentes. Autrement dit, l’équipe a identifié les investissements qui font la différence entre un projet scolaire et un projet à signature professionnelle.

« Ma démarche a commencé par une analyse des dépenses des projets réalisés par les élèves des années précédentes qui ont gradué, afin d'évaluer l'ampleur de nos propres besoins. » 

Pour obtenir ces informations, Hichem a d’abord échangé avec d’anciens étudiant·es qui ont entrepris le même projet que lui. Il souligne aussi l’importance de solliciter les professeur·es, qu’il considère comme des ressources clés.

Comparer sa vision à des projets antérieurs permet d’éviter les angles morts budgétaires. Cet exercice aide à repérer les investissements ayant le plus d’impact sur la qualité finale d’une production.

Dans son cas, l’équipe a rapidement constaté qu’une trame sonore originale conçue par un professionnel, contribuent fortement à la perception d’un film plus immersif. L’équipe a donc choisi d’y accorder une attention particulière dès la planification du budget.

Conseil #2 : Être transparent sur ses dépenses avec ses donateurs et élaborer un budget structuré

« Nous avons d’abord listé les besoins concrets de financement. »

Si quelqu’un vous donne 20$, sait-il exactement à quoi il sert?

Démontrez à vos contributeurs que chaque don a un impact réel sur la qualité du projet final. Une approche efficace consiste à justifier ses coûts en précisant le montant accordé à une dépense (frais d’inscription à des concours, bande sonore, etc.), sans tomber dans l'hyper détail. Cette structure permet aux donateurs de comprendre où ira leur argent et renforce la crédibilité de la campagne.

Prévoir une portion du budget pour les imprévus est aussi une pratique courante et témoigne d’une planification rigoureuse.

L’équipe offre d’ailleurs un exemple particulièrement éclairant. Leur objectif est de récolter environ 4 200 $, répartis de manière stratégique :

Identité sonore

  • Musique originale : 400 $

  • Doublage professionnel : 400 $

  • Design sonore et mixage : 1 000 $

Production

  • Banques d’assets et textures : 500 $

Accompagnement

  • Séances de visionnement avec des mentors : 400 $

Diffusion

  • Inscriptions en festivals internationaux : 1 000 $

Fonds de contingence

  • Imprévus de production : 500 $

Pour établir avec précision ces montants, l’équipe s’est appuyée sur des témoignages de récents diplômé·es et des recherches de données sur internet, afin de simuler différents scénarios de coûts.

L’équipe a notamment analysé les frais d’inscription, les échéanciers et les conditions de diffusion des festivals d’animation. Pour certains postes clés, comme le doublage et la conception sonore, l’équipe a volontairement retenu les estimations les plus élevées. Puis, ajusté les chiffres à la réception des premières soumissions.

Enfin, la réserve de 500 $ pour les imprévus repose sur un calcul proportionnel, soit environ un huitième d’un budget initial estimé.

Conseil #3 : Promouvoir sa campagne au même titre que son projet

« Ce qui a demandé le plus de préparation, c'est la création des affiches et de l'identité visuelle, car il fallait synthétiser l'essence du film alors que l'histoire était encore en pleine évolution. ».

Le défi d’une campagne de financement n’est pas toujours le côté technique. Pour l’équipe, c’est plutôt la capacité à rendre le projet tangible, alors qu’il est encore en pleine évolution.

En développant une identité visuelle forte dès les premières phases de production, l’équipe a permis aux donateurs de se projeter dans l’univers du film, et ainsi, en percevoir le potentiel.

Autrement dit, la campagne devrait être aussi convaincante que le projet lui-même. N’attendez pas que votre projet soit parfaitement finalisé pour commencer à le promouvoir. Une direction visuelle claire et cohérente peut déjà susciter l’intérêt et renforcer votre crédibilité.

Conseil #4 : Choisir sa ou ses plateformes comme un levier stratégique, pas seulement technique

Vous êtes maintenant rendu à l’étape de choisir une plateforme de financement. Mais vous vous demandez, comment choisir la plateforme parfaite pour votre projet?

Du côté de Hichem et de son équipe, plusieurs options ont été analysées avant de trancher sur la bonne plateforme de financement :

« Kickstarter rend la visibilité difficile à cause du grand nombre de campagnes, et nous ne voulions pas nous limiter au public québécois avec La Ruche. GoFundMe nous semblait intéressant pour sa facilité de mise en place, ses frais réduits et son audience large. »

Parfois, aucune plateforme ne convient parfaitement à nos besoins. Ce fut le cas de l’équipe, pour qui la plateforme GoFundMe manquait, selon eux, de souplesse au niveau de l’interface utilisateur. Pour compenser le manque de personnalisation, l’équipe a pris la décision de coupler la campagne avec un Behance, dans l’intérêt d’offrir une présentation plus malléable et professionnelle. 

Avec le recul, une autre décision aurait été prise différemment : 

« Lancer la campagne sur plusieurs plateformes simultanément aurait pu aider à maximiser notre visibilité. Utiliser un seul canal limite notre portée. »

La plateforme ne garantit pas la visibilité d’une campagne. Celle-ci repose avant tout sur la capacité de l’équipe à multiplier les points de contact et à diriger les publics vers son projet. Diversifier les points d’entrée peut parfois faire une différence.

Conseil #5 : Ne pas se laisser intimider par la démarche

« Mon principal conseil pour des étudiants à la recherche de financement serait de ne pas hésiter. Un projet de cette envergure engendre toujours des dépenses. Comme nous sommes étudiants et que nos revenus sont limités, il faut essayer le moins possible de faire peser ces coûts sur nos propres épaules. »

La recherche de financement peut parfois sembler intimidante pour les étudiant·es qui n’ont pas d’expérience en planification budgétaire. Néanmoins, cette expérience permet de développer des compétences essentielles comme la gestion de projet et la communication. 

« Utiliser le financement participatif permet d'éviter de devoir travailler des heures supplémentaires dans un domaine qui n'est pas le nôtre, ce qui nous permet de consacrer tout ce temps et cette énergie directement à la création du projet à la place. ».

Et si votre prochain projet passait, lui aussi, par le financement participatif?

Zoom sur le court-métrage Echoes

Porté par l’équipe ARISE, le court-métrage Echoes, développé par 15 étudiant·es de l’École NAD-UQAC, prend forme dans le cadre du baccalauréat en création 3D pour le cinéma.

Le film aborde le thème universel du deuil et de la difficulté de lâcher prise. On y suit un personnage rongé par la culpabilité, dont l’état émotionnel se traduit à l’écran par une évolution marquée des couleurs et de la fumée. L’équipe souhaite créer un univers à la fois visuel et texturé, illustrant le passage d’un monde étouffant vers une forme de paix et de clarté.

Pour porter ce projet aux standards de l’industrie, un soutien financier demeure essentiel. Au-delà de l’objectif financier, cette campagne permet surtout à la relève de développer des réflexes professionnels déjà alignés avec les réalités du milieu.

Chaque contribution, quelle qu’en soit la valeur, participe directement à l’aboutissement d’une œuvre portée par une nouvelle génération de créateurs et créatrices.

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L'équipe derrière le projet

Samuel Aprile
Texture Artist
LinkedIn

Victor Bériau
Technical Director
LinkedIn

Coralie Dubois
Rigger
LinkedIn

Thomas Fréchette
Character Artist

Anne-Frédérique Gagnon
Coordinatrice
LinkedIn

Hichem Mickeal Gervais
Director, Art Director, CFX/Groom Artist
LinkedIn

Simon Henri
Animator
LinkedIn

Nicolas Larochelle
Rigger
LinkedIn

Nicolas Marchildon
Asset Lead (Modeling, Surfacing)
LinkedIn

Rebeca Beatrice Martinez-Bravo
Compositing Artist

Delphine Melançon-Brais
Animation Lead
LinkedIn

Lacramioara Mititelu
Light Artist
LinkedIn

Isabella Ospina
Animator
LinkedIn

Ying Qu
FX Artist

Isabelle Saint-Louis
Animator
LinkedIn

Félix Tremblay
Director, Director of Photography, Environment Artist
LinkedIn

Superviseur
Le professeur François Lord

Remerciements

Adel Abada, Hind Belmahi, Marc Bertrand, Victor Berthiaume, Florence Bichon, Nassim Briedj, Émilie Cayer, Josée Chapdelaine, Amélie Chaput, Louis-Philippe Clavet, Jérémie Dagenais, Blair Dohey, Vincent Fortin, Jean-Marie Gariépy, Christopher Helin, Jean-Gabriel Lalonde (Ingénieur du son), Anthony La Vigueur (Compositeur/Musicien), Sophie Leblanc, Anne Le Bouyonnec, Benoît Melançon, Benoît Robert, Étienne Rodrigue, Robin Thiriet, Cédric Tremblay, Robin Tremblay, Carlos Valcarcel, l’équipe de SYNTHÈSE - Pôle Image Québec.

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